La mort à l’hôpital

jeudi 8 juillet 2010

L’enquête sur « la mort à l’hôpital » menée par l’IGAS montre qu’alors que plus de la moitié des français (58% environ ) meurent dans un établissement de santé, la prise en charge de la mort ne fait pas partie des missions reconnues à l’hôpital.

Les hôpitaux publics assurent 62% des séjours globaux et comptabilisent 78% des décès survenus en établissements de soins, en fonction de leurs fortes capacités en services de médecine, services d’urgences et réanimation. 20% seulement des malades qui meurent à l’hôpital bénéficient de soins palliatifs financés et il s’agit dans plus de 80% des cas, de cancéreux. Parmi eux, 3% seulement ont été accueillis en unités de soins palliatifs, qui constituent un réel progrès.

Respect des malades et écoute des proches

A l’hôpital comme dans le corps social, la mort est largement occultée et son évocation met mal à l’aise, à l’exception des réanimateurs ou des responsables de soins palliatifs qui la côtoient tous les jours.

Comment, dès lors, est-il possible d’assurer le confort des malades en fin de vie, l’accueil des proches et plus globalement, la santé publique ? La mission d’enquête répond par un certain nombre de propositions susceptibles d’améliorer le fonctionnement actuel des établissements de soins.

Le rapport préconise de confier aux hôpitaux, par une disposition législative, la mission de s’assurer que la mort des malades, qu’ils ont au préalable tout fait pour soigner, se passe le mieux possible, en permettant au mourant, s’il le souhaite, de prendre les décisions le concernant, en respectant ses croyances et en accueillant ses proches.

Les exigences de santé publique devraient ainsi conduire à réviser certaines pratiques : élaborer des programmes de santé publique vis-à-vis des morts d’origine inconnue (autopsie), améliorer le suivi post-mortem des décédés sous X, retenir comme seule définition de la mort, la mort encéphalique ( au-delà du décret de 2005 autorisant le prélèvement d’organes sur des sujets en état d’arrêt cardiaque ou respiratoire persistant ), mettre en place, conformément à la loi Léonetti, des décisions collégiales non limitées au corps médical, en cas de limitation ou d’arrêt de traitement, s’adresser à la personne de confiance plutôt qu’à la personne à prévenir...

Un certain nombre de propositions visent à améliorer la prise en charge des personnes en fin de vie dans les établissements de soins pour un accompagnement de qualité : annonce de fin de vie, rôle des proches et des bénévoles, soins de support, hypothèse d’un retour à domicile, traçabilité du suivi des patients en fin de vie, modalités des prises de décision d’arrêt ou de limitation des traitements, modes de coordination avec l’ambulatoire, les SAMU-SMUR....

Dans cette perspective, le périmètre des soins palliatifs devrait être redéfini de même que les modes de financement des soins des personnes en fin de vie.

Cette amélioration exige également que les services ( médecine, réanimation, urgences) accueillant le plus de mourants, s’organisent pour offrir, le cas échéant, des conditions de fin de vie acceptables pour les malades et un accueil décent pour leurs proches. De ce point de vue, la mission préconise d’humaniser les services de réanimation et d’adapter les services d’urgences à l’accueil de patients en fin de vie, en modifiant l’environnement purement technique de façon à prendre en compte l’aspiration à une certaine sérénité ainsi que les nécessités d’échanges et de contacts.

L’essentiel des moyens nécessaires à l’accompagnement des patients et des familles n’est jamais évalué et les coûts nécessaires à la prise en charge des personnes décédées ne sont pas identifiés. Le développement des unités de soins palliatifs concerne trop peu de malades. La prise en charge des personnes en fin de vie, l’aide aux familles, le recours aux bénévoles et la place accordée aux religions aboutissent à des pratiques hétérogènes au sein d’un même établissement, le plus souvent, sans réflexion globale.

La mission considère qu’il est nécessaire d’encourager les établissements à assumer des fonctions mortuaires et il lui semble indispensable d’imposer des critères qualitatifs sur les chambres mortuaires et renforcer certains contrôles dans les relations avec les opérateurs funéraires. Les établissements de soins devraient enfin avoir une obligation de prévention des deuils pathologiques et de suivi des soignants confrontés régulièrement à la mort.

Si ces recommandations de la mission sont suivies d’effets, alors on peut espérer que se profilent une réelle prise en charge de la fin de vie des malades accueillis et un accompagnement de leur entourage.


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Rapport "La mort à l’hôpital"


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